Les dessins de Matthieu Cossé à l’espace d’exposition marseillais Où

matthieu cosse
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À la question « Où se trouve le nouvel espace d’exposition marseillais? » , la réponse semble évidente. Comme un manifeste territoriale de la scène émergente de l’art contemporain, Où – lieu d’exposition pour l’art actuel  est un lieu atypique situé dans le 1er arrondissement de la cité phocéenne dédié à l’exposition, l’expérimentation et la création artistique actuelle, valorisant « l’art en train de se faire ». Multipliant la visibilité des médiums, des pratiques et dans un souci d’ouverture culturelle à tous les publics, le lieu , ouvert depuis 2000 , s’est doté de deux espaces supplémentaires: Où et l’Aventure dans le 13e, ouvert en 2013, et Où – Galerie Paradis dans le 6ème, ouvert en 2014. Dans le cadre de l’évènement « La saison du dessin », un réseau en Région Sud fédérant une vingtaine d’expositions autour de ce médium, Où – lieu d’exposition pour l’art actuel accueille du 30 août au 13 octobre l’artiste Matthieu Cossé. Installé à Paris, Matthieu Cossé a collaboré en ce début d’année 2018 avec les différents évènements de la Villa Noailles -Centre d’Art à Hyères, ce qui a permis aux Varois et aux visiteurs de ces lieux de découvrir son singulier travail. Privilégiant la figuration, avec un goût prononcé pour le dessin au pinceau, Matthieu Cossé ne limite pas sa créativité au seul support papier mais investit avec autant de passions les murs et la céramique.

Villa Noailles, réalisation pour la boutique du centre d’art à Hyères

Au printemps dernier, l’artiste a redécoré la boutique de la Villa Noailles à Hyères avec l’architecte d’intérieur Vincent Darré. Ses couleurs lumineuses mêlées aux niches créées par le designer apportent une touche très contemporaine à ce temple de la modernité. De plus, les visiteurs du 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode avaient découvert ses dessins préparatoires pour la réalisation d’assiettes et de pichets avec les éditrices  We Do Not Work Alone. Préparatoires au début car ces dessins sont devenues des oeuvres à part entière, indépendamment du travail initial de production de  céramique.

matthieu cosse
Assiette-fontaine pour We Do Not Work Alone

Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris en 2008, Matthieu Cossé peut se considérer à la fois comme un dessinateur et un peintre. « Ces deux pratiques constituent un champ d’expérimentation et d’application pour d’autres supports qui ne demandent qu’à être réinventées » précise l’artiste. La preuve avec l’exposition présentée à l’Hôtel la Reine Jane à Hyères: « Un dessin préparatoire peut avoir autant d’importance que le dessin fini. Il y avait des différences évidentes entre le dessin préparatoire à la gouache sur papier, sa matité et le résultat à l’émail, la faïence et sa brillance. J’ai eu des surprises, le dessin s’est transformé. »

L’observation est la base de son travail d’artiste.  L’apparence des choses, leur représentation, la manière de les traiter sont des pratiques inhérentes à cet exercice consistant à se rapprocher des objets et de l’environnement immédiat en les fixant, les immobilisant sur le papier. Des images stockées dans son for intérieur dans lesquelles il viendra puiser. De cette ouverture au monde extérieur résulte l’intériorisation des formes.

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Dessins du Lac Biwa

Pour l’exposition présentée à Où – lieu pour l’art actuel, l’environnement et les contraintes du lieu ont décidé de l’accrochage. « Nous voyons un dessin déjà exposé à Embrun et à Kyoto  intitulé 8 vues remarquables du Lac Biwa, réalisé pour la galerie d’exposition de kimonos de Chiso, fabricant japonais. Cette composition est une interprétation à plat d’un kimono, un dessin réalisé aux dimensions d’une vitrine de  la galerie. Se trouvent aussi des sérigraphies réalisées en collaboration avec l’éditrice et sérigraphie Anaïck Moriceau, à partir de petits dessins dont certains était préparatoires pour des compositions murales. Leur  existence en tant que sérigraphie est une étape  importante car on peut les séquencer et ainsi facilement les transposer. Cela m’intéressait d’essayer de les éditer sous cette forme. »  Deux versions du dessin qui permet de saisir  les nuances d’un médium subtil et variés, à la base de toute sa création. « Ce qui me plait dans cette exposition, c’est de montrer des dessins en positif au trait,  constitué de couleurs très primaires alors que le dessin japonais est en réserve de blanc. On a ainsi sous les yeux des effets de pleins et de réserves qui représentent deux manières de penser le dessin. »

Dessin du Lac Biwa

Enfin, l’artiste revendique un côté facétieux, plus perceptible dans ses « dessins d’humeur » : «  Ces dessins manifestent un certain plaisir à dessiner. Parfois, les études préparatoires pour des projets d’illustrations ou de décor proviennent de dessins d’humeur ou d’idées et vice-versa. Avec le temps, ces derniers peuvent devenir des œuvres murales ou des sérigraphies comme c’est le cas ici. Les choses se transforment, évoluent, sur différents formats et cela est très plaisant. » Cette notion de passage de la figuration à la configuration est primordiale. Cette circulation de formes qui se concrétisent par moments est un axe majeur de son travail. Ce passage d’éléments dans l’espace de la feuille de papier, du support mural ou de tout autre réceptacle, se fait avec une trivialité enchanté propre à un univers fantasmagorique et lumineux caractéristique de la facture de Matthieu Cossé.

 

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Japon 2, dessin préparatoire pour la sérigraphie

Jusqu’au 13 octobre 2018

Matthieu Cossé

Où – lieu d’exposition de l’art actuel

58 rue Jean de Bernardy

13 001 Marseille

Ouvert du jeudi au samedi de 16h à 19h

Plus d’infos ici

 

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