Mix d’artistes chez les Frangines

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[Toulon] Ce mois-ci, la galerie Les Frangines nous régale d’une belle exposition collective. Cinq artistes aux univers variés vous attendent jusqu’au 28 avril et il y en a pour tous les styles : peinture et céramique, dessins et émail, figuration et abstraction, paysage et design…Découverte.

Fleur Martinat

Les dessins de Fleurs Martinat

Les dessins de Fleur Martinat

Les dessins de Fleur semblent ambigus et ambivalents. Des œuvres de petits format, très impactantes où elle aime explorer les obsessions, quelles qu’elles soient. Des œuvres à connotation sadomachochistes où elle se met en scène dans des poses très osées sur des fonds vides. " D’un point de vue sensuel autant qu’esthétique, le travail de Fleur Martinat donne une toute autre profondeur à la brutalité du sadomasochisme. La poésie s’entremêle avec le malaise que nous renvoie l’idée de soumission, domination, et les obsessions qui en découle ." Des dessins associés avec une autre série, de création plus récente, tournée vers le monde du rêve et de l'enfance: les ombres chinoises: "L’idée est venue lors d’une soirée entre amis ! Nous avons fait des ombres chinoises et j’avais envie de me les réapproprier et de les réinterpréter pour les utiliser et en faire des peintures." Le résultat est prenant, une lecture à double sens. C'est comme un jeu, il y a un côté poétique et trash à la fois,  la clarté et l’obscurité: " C’est l’ombre du loup qui révèle l’ombre de la main par exemple."  Aussi, l'artiste n'utilise pas de couleurs: « Je travaille beaucoup avec le noir, le blanc et des nuances de bleu et de rouge. Je n’ai pas peur de laisser le blanc du fond de feuille.  Aussi, je n’ai pas de médium défini car j’aime créer en liberté. Pour ces petits formats, j’ai utilisé de l’encre de chine et de l’encre taille douce."  Une certaine spontanéité s'exprime dans cette création. Après dix ans de vie parisienne, Fleur quitte la capitale et prend un nouveau virage artistique. Elle veut que sa peinture soit en accord avec ses envies, sa sensibilité. Une peinture sincère. L’esprit des Frangines correspondait à cette sincérité. " J’adore cet endroit, l’énergie des Frangines, leur grande générosité. De retour à Toulon depuis un an et demi , je me disais que c’était vraiment un lieu où j’avais envie d’exposer ." Une artiste à suivre puisque nous retrouverons ces grands formats à partir du 05 mai 2017 à la Galerie Lisa pour l’inauguration de la Pièce Rouge.

"Ombres chinoises" par Fleur Martinat

"Ombres chinoises" par Fleur Martinat

 

Maureen Stengel

Les créations de Maureen Stengel

Les créations de Maureen Stengel

À peine 22 ans et déjà, on sent beaucoup de maîtrise dans le travail de Maureen Stengel.  Diplômée des métiers d’arts et de céramique artisanale d’Antibes et d’un diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges, cette jeune créatrice  intègre en novembre 2016, le Collectif 573 degrés, situé à Vallauris. Dans ce grand atelier qu’elle partage avec d’autres céramistes, elle produit sa création. Sa production se distingue d’emblée par une technicité unique.  " J’utilise les techniques traditionnelles de la céramique associées à celle de la porcelaine. Je commence par tourner du  plâtre pour créer des moules. Ce matériau a l’avantage de permettre la création de formes que ne permet pas le four à terre. De plus, cela me permet de réaliser des séries sans déformer l’objet. Parfois, je trace  un décor à l’intérieur des moules, puis je coule de la pâte colorée . Enfin, la cuisson apporte la touche finale à la création."  Maureen aime travailler sur les différences de matières. Le contraste de ces objets mats à l’extérieur/émaillé à l’intérieur est une signature singulière.  Elle cherche à avoir un effet visuel agréable, c’est pour cela qu’elle polie ses pièces avant de les mettre à cuire. Quant aux couleurs, sa production, qui se nomme "In multicolor"  se teinte de gris foncé et taupe, de blanc, de châtaigne, de bleu céladon, de bleu roi et d'ocre. L'exposition chez Les Frangines est un premier test: " C’est ma première exposition et j’ai été ravie de l’accueil du public. Le vernissage s’est très bien passé, le public était gentil et réceptif, on a beaucoup communiqué…Bref, un moment formidable ".  Et ce n'est que le début car ses objets de la table et de décoration plaisent beaucoup pour leur sobriété et leur pureté.

Bols, verres et pots par Maureen Stengel

Bols, verres et pots par Maureen Stengel

 

Marion Conand

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Les céramiques de Marion Conand[/caption]

Diplômée des Métiers d'Art en céramique à Antibes, Marion a intégré  la résidence d'artistes  RAJAC (Résidence Antiboise de Jeunes Artistes Céramistes) qui lui a permis de progresser tant sur le plan artistique et manuel, que sur le plan du travail en collaboration. Un esprit naïf se dégage de ces vases. Inspirée par le cubisme, le pop art et le surréalisme, ces pièces respirent la joie de vivre.  Marion les réalise  au tournage, après les avoir laisser raffermir, et applique ensuite une louche un engobe de grès blanc de manière alléatoire sur la pièce tournée. Elle réalise dans un second temps, une première ébauche de décor au crayon gras, puis elle applique un jus de Cobalt sur toute la surface décorée. Enfin, les pièces sont cuites en mono-cuisson à 1280 degrés dans du grès blanc ou gris, au tour traditionnel.  L'ensemble de ces pièces se nomme "Les échiquiers du temps". Laissons cette jeune céramiste nous expliquer sa démarche créatrice:"Ce projet s’articule autour du passé et du présent, notions clés de ma démarche esthétique. Très graphique, l’esthétique des vases s’impose par des formes qui rappellent les poteries antiques. Les vases sont bruts, de couleur ocre. J’ai voulu jouer avec les matières et la superposition, mêlant matériaux élémentaires et décors plus lustrés. Le graphisme, assez naïf et répétitif, questionne le plein et le vide, jeu de remplissage et d’assemblage. Sur chaque jarre, le décor se déploie à partir d’un même motif de base." Cette production faite d'attachants marins d'eau douce et de jarres contemporaines apporte un souffle cocasse et plaisant dans la céramique contemporaine.

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Valérie Izzo

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Les dessins de Valérie Izzo contrastent avec le travail qu’elle a réalisé jusqu’à présent. Valérie est peintre muraliste, en gros, elle réalise des fresques, au sein de la structure Muralisme , dans laquelle collabore aussi son fils Julien: fresques du centenaire du Pradet, celle du Palais des Sport de Toulon ou bien la fresque végétale à l’entrée du parking souterrain Gérard Philippe à La Garde. L’idée de ces dessins lui est venue lors de leur dernier projet: la réalisation d’un décor peint destiné à habiller la façade du Musée de Toulon, situé Cours Lafayette,  à la demande du service de la culture de la ville. Le décor, exécuté en filaire blanc, illustre les toits et les maisons de la vieille ville avec un rappel de son port et de son ouverture maritime sur la Méditerranée.  La technique du filaire modernise la fresque murale. " Tu laisses le bâtiment libre" explique Valérie. "Les fresques donnent un aspect lourd alors que le filaire, c'est épuré. On diffuse notre perception des choses,  notre point de vue, on peut faire passer des messages de manière très light". C'est ainsi que depuis décembre 2016, à la suite de ce chantier, l'artiste décide de s'axer sur ces petits dessins. "Tracer à la main, c'est ce que je fais lors des maquettes, donc c’était intéressant de les faire en petits tableaux, c’est plus reposant que de monter sur des échafaudages."  Une nouvelle approche artistique pour cette artiste inscrite à la Maison des Artistes depuis 1991. "C'est un tout autre domaine, je rencontre un autre public mais c’est aussi une nouvelle manière de présenter la ville  et d’apporter un nouveau regard."  Notons qu'avec ses dessins en filaire, la ville est vue tantôt de manière longitudinale, en longueur, en façade ou au-dessus. Valérie devient une observatrice de la ville. La ville une obsession?  «"Je me suis beaucoup intéressée aux villes, de manière urbaine, la ville m’a toujours inspiré. Cela doit provenir de mon enfance car je suis née à Marseille et j'ai grandi dans le quartier de Castellane. "  Ces décors tout en filaire  lui ont permis de se réapproprier les toits des villes dans lesquelles elle a l’habitude de déambuler et de créer des projets: Toulon, Paris, La Rochelle…Et bientôt Marseille. Chez Les Frangines, elle expose des vues de Paris et de Toulon. Une création faite avec légèreté , à l'encre et l'aquarelle. Des façades et des toitures: "Les façades restent assez figées tandis que les toits sont fascinants car mobiles. Depuis les toits, on domine la ville, on la voit grouiller puis, historiquement,  les immeubles évoluaient en fonction de la famille, on rajoutait un étage, une fenêtre depuis le toit… C'est très vivant."  De plus, Valérie a adopté une symbolique pour les couleurs: "J'utilise le  bleu indigo pour Paris, le bleu turquoise pour la rochelle, le jaune pour Toulon et le doré pour Marseille que je suis en train de préparer".  On aime regarder ces dessins, c'est reposant et joyeux. Valérie investit la ville, en offre une nouvelle vision, délicate et sensible. Une pratique qu'elle compte bien exploiter: " J’adore le filaire, cela m'apporte beaucoup de plaisir. Je m’amuse sans tomber dans l’anecdotique,ni dans l’illustration, je veux rester sur l’essentiel."

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Stephan Fernandez

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La peinture de Stephan est intense. Très expressive, très lumineuse. Une peinture abstraite, chargée de matières brutes, minérales, offrant un résultat proche du mur délabré. "J’adore la matière, la peinture. J’ai fait pas mal de figuratif il y a plusieurs années puis, pendant huit ans, j'ai tout arrêté. Pendant ce temps-là, j'ai rénové des appartements et là, j’ai eu une fascination pour le mur. Je travaillais avec les outils du bâtiment, plâtre, rainureuse, et quand je rénovais ces vieux murs, je voyais des choses abstraites. Ces murs défréchis ont été un déclic. Ils apportent une ambiance particulière, si naturelle."  Une complicité entre la matière et l'oeuvre.  Petit, il a visité l'atelier du peintre  Antoni Tapiès à Barcelone. L'impact est indéniable. L'utilisation de la poudre de marbre, les saignées faites sur les épaisseurs, la pratique artitistique en général rappelle celle du maître catalan. "Je recouvre ma toile de poussière de marbre puis, soit je fais couler de la peinture, soit je fais des collages, soit j'applique de la bombe, comme le grand rond noir. C'est un coup de bombe que j'ai donné alors que la toile était terminée. Aussi, je gratte, je donne du relief et je réalise des craquelures en mélangeant de l'huile et de l'acrylique. Enfin, j'aime utiliser la poussière de marbre car cela apporte plus de relief à la toile. La poussière capte la lumière, et la lumière donne matière à l'oeuvre. C'est vibrant."  Tapiès  qualifiait ses œuvres de  " champs de batailles où les blessures se multiplient à l'infini."  Les toiles de Stephan font penser à un combat: combat artistique, physique et psychologique. En effet, sur une toile, on verrait bien des tâches de sang et l'opposition rouge/jaune renforce la dualité de la toile.  "Parfois je lutte, d'autres fois, les toiles sont reposantes. On remarque de fortes oppositions, plusieurs couches d'épaisseur, de l'acharnement. Je tourne mes toiles dans tous les sens, je balance des seaux d’eau dessus pour avoir les stries, çà dégouline. Psychologiquemet, il faut se mettre dans un état particulier car quand je commence une toile, je ne peux pas m’arrêter. Je l'investis, avec des outils du bâtiment, j'utilise de la peinture industrielle, assez brute. Au final, je veux réaliser des oeuvres qui dégagent de la force, qui imposent, avec une forte présence. Des oeuvres qui nous captent" . Gratter, décoller, strier, épaissir…Tout cela contribue à provoquer des choses improbables. Il provoque le hasard dans chaque geste, chaque épaisseur et chaque gravure jusqu'à l'évidence quand il la déclare terminée. On remarque tout le travail et l'engagement derrière chaque toile: "Entre 30 et 40 heures de travail par toile" précise Stephan.  On regarde ses oeuvres et petit à petit, on y découvre des choses cachées: une inscription, une couleur qui change avec la lumière…Notre sensibilité sera différente suivant les heures de la journée. On ne lasse pas de contempler ces toiles et d'appécier l'esthétique. Chacune abrite une partie de l'âme du peintre. Le ressenti fait place à l'analyse.  "Quand je peins, il y a une signification mais je ne veux pas la donner car chacun y voit ce qu’il veut et s’y projette." Alors laissons nos sens nous guider sur le chemin des émotions et apprécier le travail exalté d'un artiste exigeant qui renouvelle l'approche picturale.

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Exposition collective à retrouver jusqu'au 29 avril 2017

Les Frangines et Vous
47 Rue de Pomet
Entrée Rue Pierre Sémard
83000 Toulon

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h30

06.08.42.13.94

Plus d'infos sur les artistes (cliquer sur les noms)

Fleur Martinat

Maureen Stengel

Marion Conand

Valérie Izzo

Stephan Fernandez

Les Frangines et vous

 

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