Polyptyque: un premier salon dédiée à la photographie contemporaine aux Docks Village

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[Marseille] Alors que le soleil brûle encore notre peau et que les effluves salées nous invitent à plonger dans la grande bleue, il est l’heure de reprendre carnets et stylos et de partir vers de nouvelles découvertes artistiques. Et pour ces prémices de rentrée de classe, on peut dire que la cité phocéenne s’active d’année en année. Du 31 au 02 septembre 2018, ce sont trois foires internationales qui vous attendent dans l’emblématique quartier de la Joliette. Tout d’abord au J1, hangar historique du Port de MarseilleArt O Rama, le salon international d’art contemporain, fête sa douzième édition; puis Paréidolie, salon qui fait la part belle au dessin contemporain, revient pour sa cinquième année; et, pour sa première édition, un salon de la photographie contemporain nommé Polyptyque s’implante à proximité du J1, aux Docks Village. Polyptyque nous emmène dans la création photographique actuelle à travers les œuvres d’une quinzaine d’artistes talentueux et aux univers singuliers. Une foire comme un avant-goût des propositions artistiques du Centre de Photographique Marseille qui sera inauguré à proximité le 23 novembre 2018. Eric Gudimard, en charge du salon Polyptyque,  et Anne Bruchet, responsable marketing des Docks Village, nous parlent de la première édition de ce salon photographique atypique.

Polyptyque
Grace with dry fish, Mawlynnong, 2013 ©Karolin Klüppel courtesy of Espace JB Genève

Marlène Pegliasco: Comment est né Polyptyque, le salon de photographie contemporaine à Marseille ?

Eric Gudimard: Cela fait quelques années que nous travaillons sur ce projet de salon de photographie contemporaine à Marseille afin de grossir l’offre culturelle mais surtout en réponse à son manque de visibilité en Région Sud. En nous greffant avec les manifestations d’Art O Rama et de Paréidolie, nous bénéficions de l’aura de ces deux foires internationales et proposons ainsi  une offre artistique globale en fin de saison estivale. Polyptyque souhaite avant tout promouvoir et faire dialoguer la création photographique. Nous recevons les galeries Straat (Marseille), Binôme et Sit Down (Paris), Drawing Room (Hambourg) et Espace JB (Genève) qui présenteront le travail de dix photographes. Elles ont été choisies pour leurs lignes artistiques fortes et leurs engagements dans la promotion d’artiste. Car une des missions de Polyptyque est de jouer le rôle d’interface et de relais en aidant ces photographes talentueux et en les faisant entrer dans le marché de la photographie contemporaine. C’est un des rôles du Prix Polyptyque.  Enfin, le salon permet à tous, amateurs ou éclairés, de rentrer dans la collection en s’offrant des œuvres de qualité à des prix abordables.

M.P. : Parlez-nous du Prix Polyptyque.

E.G. : Les cinq galeries sélectionnées forment le comité artistique du Prix Polyptyque 2018 afin de permettre à des photographes de la Région Sud d’être mis en avant sur la scène artistique. Suite à un appel à candidature, nous avons reçu une quarantaine de dossiers. Nous en avons présélectionné quinze pour, au final, ne retenir que cinq lauréats. Les cinq photographes ayant reçu le Prix Polyptyque 2018 bénéficient d’une exposition lors du salon ainsi que d’une exposition à Paris dans une des galeries participantes. Une opportunité soutenue financièrement par la Région Sud et qui permettra ainsi de découvrir et de promouvoir le travail des photographes Ariane Breton-Hourcq, Hélène David, Maude Grübel, Doriane Souilhol et David Giancatarina.

Polyptyque
Lisa Sartorio, Sans titre 1, Série La fleur au fusil, 2017 © Rag Bright White, courtesy Galerie Binome

M.P: Est-ce une volonté de montrer le dynamisme de la création photographique contemporaine en Région Sud ?

E.G: Effectivement. Tout d’abord, Polyptyque se pose comme un salon fédérateur des micro-initiatives que nous pouvons trouver à Marseille et ses alentours. De plus, nous avons conscience des préoccupations économiques des artistes. Les commandes photographiques ont considérablement diminué et que les photographes ont des difficultés à vendre leur travail. C’est pour cela que nous les accompagnons à travers le Prix Polyptyque. Nous les aidons à monter leur exposition, à choisir les encadrements, définir les prix , un accompagnement concret pour des photographes professionnels mais qui n’ont jamais été mis sur le marché et dont l’accès reste moins évident en dehors de la capitale.

M.P. : Pourquoi mettre en avant l’édition européenne du livre photographique et de l’édition d’artiste?

E.G. : Pour cette première édition, nous avons invité huit éditeurs indépendants qui présenteront leur travail de publication autour de la photographie. Encore une fois, nous sommes partis d’un constat évident. Vendre son œuvre photographique est une question essentielle à laquelle répond le livre d’artistes. Que ce soit des livres en auto-édition ou tirer à une centaine d’exemplaires par de petites maisons d’édition, il nous paraissait essentiel de montrer ces ouvrages qui deviennent souvent des objets de collection. C’est encore une fois une manière d’entrer dans la collection à travers un bel objet possédant une vraie personnalité. Nous avons aussi la chance de recevoir David Solo, grand collectionneur de livres d’artistes et qui échangera avec nous lors du débat.

Polyptyque
Gloria Oyarzabal, Picnos Tshombé, Witty Kiwi Editions  © Witty Kiwi Editions

M.P. : Les Docks Village sont partenaires en accueillant cette première édition. Parlez-nous de la culture dans ces lieux ?

Anne Bruchet : Tout au long de l’année, ce bâtiment historique du paysage marseillais accueille de nombreuses expositions et prône une culture accessible . La rencontre avec Eric Gudimard  est un heureux hasard . Il cherchait un lieu pour son évènement et nous avons naturellement répondu. Les Docks Village ont ouvert en octobre 2015 et sa dimension culturelle est très forte. Nous avons déjà accueilli une trentaine d’expositions, accroché des œuvres monumentales, réalisé une vente aux enchères et nous avons des partenariats avec le FRAC. Le salon Polyptyque entre dans notre politique culturelle et artistique. De plus, la proximité avec Art O Rama et Paréidolie est importante car cela place ce salon de photographie contemporaine au cœur d’un grand ensemble cohérent. Enfin, le lieu de style industriel, avec une belle hauteur sous plafond, est assez emblématique dans ce quartier de la Joliette qui est le symbole du renouveau marseillais.

M.P. : Réfléchissez-vous déjà à une seconde édition?

E.G. : Pour cette première édition, nous avons tissé de nombreux partenariats.  Polyptyque est un salon avec une approche différente. Les échanges réguliers avec les galeries nous ont permis de nous positionner dans quelque chose de juste en répondant aux envies, à l’air du temps et en aidant professionnellement les artistes. Nous avons déjà des projets de partenariats pour une seconde édition, que ce soit avec d’autres salons, d’autres galeries. Il y a un intérêt pour cette foire dont l’approche est radicalement différente et l’univers plus intime. Par son nom représentant une image composé de plusieurs autres images, Polyptyque se définit comme un salon montrant les pratiques photographiques les plus larges possibles et les démarches différentes et inattendues. En attendant, nous espérons que ce premier salon aura du succès auprès des visiteurs, des collectionneurs et des artistes.

Polyptyque – Salon de photographie contemporaine

Du 31 août au 02 septembre 2018

Les Docks Village

2, Place de la Joliette

13000 Marseille

Salle d’exposition Docks Village
le vendredi 31 août 18h / 21h
Docks Village
Place de la Joliette
13002 Marseille
Vernissage le 31 août de 18h à 21h
Ouverture de 10h à 19h les 1er et 02 septembre
Rencontres professionnelles (Capitainerie des Docks Village)
Samedi 1er Septembre à 17h : Livre photo, livres d’artistes, éditions indépendantes: pratique artistique et viabilité économique.
Dimanche 2 Septembre à 17h : Le marché de la photographie : quel état des lieux ?
Le salon et les rencontres sont en accès libre.
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