Horizons – L’art contemporain en exposition à l’Abbaye de La Celle

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[La Celle] Cycle inaugurée l'an dernier, l'Abbaye de la Celle invite la création contemporaine au coeur de ses espaces datant du XIIe siècle. "Horizons" présente, dans les salles du réfectoire et du dortoir de l’abbaye, des oeuvres issues de la collection du Département du Var et propose aux visiteurs un parcours d’images et d'objets consacrés à la relation de l’homme à la mer. Une relation ancestrale: lieu de vie, voie de communication, cette Mare Nostrum nourrit les existences et les imaginaires. Cette relation avec la Méditerranée, en écho avec les propositions artistiques de l'Hôtel des Arts -Centre d'Art du Département du Var à Toulon, est au coeur de la thématique de cet accrochage. Une réflexion qui nous mène de ports en ports, comme une balade maritime au gré des flots artistiques.

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Eric Bourret, Perpetuum mobile et Komos © Nicolas Lacroix, Département du Var

Dans le réfectoire, sur le mur est, un grand polyptyque d’Eric Bourret dialogue avec ses images au sol, nous invitant à expérimenter la dense profondeur infinie. Le photographe a le don de réaliser des clichés hypnotiques, intenses, qui nous invitent à une communion corporel avec la nature. Les paysages fantomatiques de Laurent Millet lui font face, paysages comme reconstruits par la mémoire. Entre ces univers imaginaires et oniriques, Bernard Plossu et Jacqueline Salmon construisent leur vision poétique du monde. Bernard Plossu , dont on a découvert les photographies à Toulon au printemps,  travaille sur la notion d'une métaphysique méditerranéenne, d'un temps suspendu et capte l'invisible présence. Jacqueline Salmon livre pour sa part des images de construction navale desquelles l’homme comme la mer sont absents pour ne laisser contempler que des espaces architecturaux, des vides dont la puissance d’évocation semble seule capable de résister à l’immensité marine. Une activité maritime qui s'agite dans les chantiers navaux qui entourent la Méditerranée (l'Arsenal de Toulon, La Spezia en Italie, Cadix en Espagne), lieux de vie humaine et source économique importante mais aussi cet espace où reposent des épaves antiques et modernes, de nombreux témoignages de l'Histoire. Cette pièce expose de nombreux clichés en noir et blanc, une dualité de tons renforçant la personnalité impénétrable de cette nature.

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Jacqueline Salmon, Carte des vents, plage de la Mitre © Jacqueline Salmon

Dans le dortoir, la couleur et la lumière refont surface, seulement contestées par le mystérieux sous-marin de Raoul Hébréard dont les flots s’inscrivent dans une modernité ambiguë, comme déjà effacée, dépassée. A ce sombre bâtiment répond l’immobile cargo de Stéphane Couturier au milieu de la mer.  Alger, chantée par le photographe français, semble nous offrir l’éternité de l’Horizon. Cet horizon, ce ciel interminable, frère et compagnon de la mer, balayé par le vent figuré grâce à la symbolique météorologique, permet à Jacqueline Salmon de poursuivre la conversation qu’elle a engagée avec la peinture, celle de Turner, Constable ou Boudin. Nicolas Desplats semble, pour sa part, tenter d’enfermer dans des pots de peinture les îles du littoral afin de les protéger de la saturation touristique. Ces pots sont comme des boîtes de Pandore qu’il ne faudrait jamais ouvrir sous peine de voir disparaître la poésie de ce qu’elles contiennent. Resteront alors, saisis par Massimo Vitali, faisant face à l’éternelle Alger, les ponts au dessus des plages permettant aux trains et voitures de trancher les terres comme les bateaux brisent les flots…

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Stéphane Couturier, Alger, Bab-El-Oued © Stéphane Couturier

Mer de plaisir ou mer économique, Horizons invite à la réflexion sur le rôle de ce paysage commun, de ce qui se joue de l'autre côté. Nous avons tous une histoire personnelle avec la Méditerranée et en même temps, nous la partageons dans une histoire commune qui appartient (et a appartenu) à des millions d'êtres humains. Alors que le monde civilisé prenait fin au-delà des Colonnes d'Hercule, une limite infranchissable qui a nourri cet évidence de la ressource vitale de la Méditerranée, l'exposition nous ouvre d'autres horizons, autant de regards artistiques portés sur un univers vivant toujours en plein changement.

 

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Jusqu'au 31 décembre 2017.
Horizons
Eric Bourret, Stéphane Couturier, Nicolas Desplats, Raoul Hébréard, Laurent Millet, Bernard Plossu, Jacqueline Salmon, Massimo Vitali
Abbaye de la Celle
Place des Orneaux
83170 La Celle
Ouverture: du mardi au dimanche de 10 h 30 à 12h30 et de 13 h 30 à 17 h 30.
Fermeture le 25 décembre. Entrée libre et gratuite
Tél. 04 98 05 05 05
abbayedelacelle@var.fr

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