Jeunes diplômés, à votre expo!

Au premier plan, les papiers peints de Mélissa Benachour; au fond, l'installation de Benoît Deschamps @ArtInVar
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[Toulon] Fidèle à son engagement envers la jeune création artistique, l'Hôtel des Arts-Centre d'Art nous présente, pour la seconde fois, les travaux des jeunes diplômés de l'École Supérieure d'Art et de Design de Toulon Provence Méditerranée (ESADTPM). Peinture, sculpture, installation, vidéo…L'exposition "Variables Aléatoires" présente donc treize diplômés issus des promotions 2015 et 2016. Réunis autour de notions de variabilité et de hasard, cette exposition est une occasion fameuse de présenter leur travail, fruit de leurs années d’études et de leurs réflexions personelles. Une première mise en lumière pour les artistes de demain, au moment où ils vont se lancer dans leur vie professionnelle. Un exercice difficile aussi  pour ces jeunes que celui de s'exprimer peut-être pour la première fois, devant des jounalistes et leur public. Enfin, c'est toujours un grand moment pour l'école que de présenter leurs élèves et de confronter les oeuvres dans un véritable espace d'exposition, autre qu'une salle de cours.

Variables Aléatoires

Pour cette exposition automnale, l'Hôtel des Arts a nommé la critique d'art Audrey Illouz en tant que commissaire d'exposition. Celle qui a rencontré ces jeunes artistes au moment même de l'obtention de leurs diplômes a tout de suite été emballé par l'invitation de l'institution toulonnaise. "Cela a été pour nous un défi que d'essayer de construire ensemble un projet, avec des points d'entrée et des pratiques qui sont très singulières" souligne Audrey Illouz.. "De plus, c'est toujours particulier de venir s'immiscer dans le travail des jeunes artistes. Il y a tous les médiums qui sont utilisés mais ce qui est intéressant , c'est de se dire comment dans toute cette diversité, il y a des lignes de forces, des choses qui permettent de tenir un projet collectif et comment l'imaginer?"

Ce projet collectif tient dans le titre de l’exposition. Sonnant comme une évidence dans le travail artistique, chaque artiste se voit contraint par la variabilité des matériaux et les incertitudes quant à la finalité de l’œuvre. Contraintes ou moteur de création? Du hasard heureux aux nombreuses interprétations possibles, nous vous laissons maintenant découvrir ces treize jeunes diplômés, dont quatre ont accepté de nous détailler leurs travaux. Un choix d'interview qui s'est fait…au hasard.

Virginie Sana

Les tableaux de format carré et haut en couleurs de Virginie Sanna sont composés de formes géométriques (100 carrés pour l'un, carrés et triangle pour l'autre). C'est un programme informatique qui définit la position d'une référence de peinture (cyan, magenta, jaune, noir, blanc) sur la toile. Une démarche aléatoire où les techniques apportent leur touche artistique pour un résultat qu'on pourrait définir comme "arbitraire géométrique".

100 carrés aléatoirement bleu, cyan, jaune, magenta, vert, violet, 2014, @ArtInVar

100 carrés aléatoirement bleu, cyan, jaune, magenta, vert, violet, 2014, @ArtInVar

155 formes aléatoirement bleu, cyan, jaune, magenta, vert, violet, 2014, @ArtInVar

155 formes aléatoirement bleu, cyan, jaune, magenta, vert, violet, 2014, @ArtInVar

Jules Bousquet

Dans une des salles du rez-de-chaussée, nous avons un accrochage de dessins formant un assemblage cohérent. Des dessins inspirés par l'être humain, la physique et les sciences. Chaque dessin a été soigneusement numéroté par l'artiste selon l'ordre de leur création et placé suivant la suite numérique de PI, qui est 3,14159265359… Cet ensemble singulier ne serait donc pas le même si le jeune homme avait choisi une autre suite mathématique. À noter les détails et le rendu graphique de chaque composition, largement inspirés des dessins scientifiques.

 

Fragment sérenditipique, 2013 @ArtInVar

Fragment sérenditipique, 2013 @ArtInVar

 

Jules Bousquet

Alexandra Villani

Originaire de l'Ile de Beauté, la jeune diplômée nous a fait le plaisir de décrire sa sculpture, appelée "Simandre": "Mon travail se base sur une étude folklorique, plus précisément l'étude des matériaux ou de gestes qui composent certains processus rituels en commun, retrouvés dans différents pays bordants le bassin méditerranéen. Nous pouvons alors retrouver dans mon travail, l'utilisation de matériaux bruts et souvent organiques comme le bois ou le miel . Je me réapproprie ces matériaux, issus d'une mémoire collective et les mets en scène à travers des installations entropiques. La fragilité des pièces est mise en avant dans une installation souvent précaire, dans une durée définie: celle de l'anéantissement formel de la pièce , induite par la mollesse de celle ci ou encore, dans le cas de la simandre, sa force.

À travers cette analyse du vernaculaire méditerranéen et des notions de bricolage de Levy Strauss ,je me suis penchée sur le cas de la simandre, objet liturgique constitué d'une planche de bois contre laquelle les prêtres frappent. Cet objet a remplacé les cloches dans certains pays , notamment en Roumanie. La simandre était un moyen de communication ainsi qu'un signal comme l'appel à la prière. Dans ce travail , j'ai décidé de m'accaparer rcet objet issu d'une mémoire collective. Ainsi la simandre, à l'origine planche de bois, se retrouve réapproprier par une mise en forme composée d'objets hétéroclites de la vie quotidienne: moteur d'essuis glace de voiture, palette de bois, chaîne de vélo… Tous ces éléments agencés de façon précaire permettent la création d'une pièce extrêmement fragiles. C'est là que la notion de bricolage lévy-straussien prend tout son sens. La précarité de l'agencement fait alors apparaître les notions d'aléatoires, d'inattendus , notamment lors des saynètes . La simandre, en plus d'avoir une qualité sculpturale , constitue une performance . En effet, la machine se met en marche seule de façon aléatoire pendant une minute, plusieurs fois dans la journée. Celle-ci utilise alors la salle où elle se trouve comme caisse de résonance. La simandre tape alors contre les murs de l'hôtel des arts, mettant ainsi en valeur l'espace de monstration par l'action de la frappe .Toutes ces saynètes répétitives mettent alors à mal la machine , qui s'endommage de plus en plus au fil de l'exposition . Apparaît alors la question de la pérennité de l'œuvre, entre sa mise en marche destructrice et son alimentation par batterie de moteur qui n'est pas rechargé de toute l'exposition . L'épuisement de la pièce est l'une des question principale de ce travail musical." La pérennité de l'oeuvre pourrait sous-tendre celle des traditions dont est issue la simandre. Et puis, l'artiste fait évoluer son oeuvre in situ, montrant aux visiteurs sa transformation entre le début et la fin de l'exposition, du hasard des sons sourds et étourdissants qu'elle émet jusqu'à l'épuisement.

Simandre

Simandre

Sarah Cardonna

Diplômée 2016, Sarah Cardona travaille beaucoup sur des notions de traduction et de passage d’une chose à une autre. « Cette pièce (le hall du rez-de-chaussée) est un peu le condensé de toutes les recherches que j’ai pu faire ces dernières années où j’ai traduit plusieurs poèmes avec l’outil Google Traduction, avec toutes les pertes de sens que çà comporte quand on procède à de la traduction automatisée car ce n’est jamais parfait.  Pour chaque poème, je suis passée par 10 étapes de traduction et on se rend compte qu’ on a une perte assez importante de sens. Cependant, à la lecture, il y a quelque chose de poétique qui résonne et cette façon dont un algorithme parvient à créer de la poésie m’a beaucoup inspiré. On sent une âme à travers les mots qui restent » précise Sarah. Les poèmes choisis par la jeune artiste sont ceux qu’on retrouve couramment dans le milieu scolaire: Le Dormeur du Val d'Arthur RimbaudHeureux qui comme Ulysse de Joachim Du Bellay ou encore , Demain dès l’aube de Victor Hugo… Un choix porté par « l’envie de jouer sur cet imaginaire collectif car on a tous appris ces textes, ils parlent à tout le monde pour le coup, on ne les reconnaît pas forcément mais, on devine certains éléments » . Certains de ces poèmes sont lus et diffusés dans les hauts parleurs en face de la table qui accueillent les livrets dans lesquels se trouvent les textes traduits 10 fois. Si à l’écrit, les textes sont incompréhensibles, à l’oral, on entend comme une mélodie. « On perd du sens mais on gagne en poésie ». Ces petits livrets sont vendus tout au long de l’expo au prix de 2€. Leur consultation est en libre-service.

11:1-9, recueil et lecture de poèmes traduits 10 fois @ArtInVar

11:1-9, recueil et lecture de poèmes traduits 10 fois @ArtInVar

Extrait des poèmes lus

La pétillante Sarah @ArtInVar

La pétillante Sarah @ArtInVar

Vanessa Di Cianni

« J’ai l’habitude de travailler in situ » précise Vanessa Di Cianni, diplômée en 2015. « En fait,  j'investis des lieux. Au départ, j'ai commencé dans l'espace urbain, je cherchais des lieux qui regorgeaient d'éléments, d’objets ou de matériaux à l'abandon et je les retravaillais directement sur place, dans la rue. Ce qui reste de ces installations éphémères sont des séries photographiques  mais cette notion est un aspect important de mon travail et du coup, c'est une pratique que j'ai continué au sein de l'atelier. Ainsi, je récoltais des matériaux extérieurs que je retravaillais à l'atelier et que je mettais après en situation dans les expositions ». C’est cette manière de travailler que Vanessa a appliqué dans l’exposition Variables aléatoires. Elle raconte : « J’ai eu l'opportunité pendant 10 jours d'investir une des salles de l'Hôtel des Arts, qui est devenu mon atelier, de récupérer directement sur place des matériaux, là en l'occurrence, la moquette rouge qui faisait partie de l'exposition précédente et qui avait été retravaillé par Aicha Hamu et j'ai aussi pu récupérer, on le voit dans la vidéo, les affiches qui étaient à l'entrée avec les bandes articles, toujours  concernant l'exposition Les Parfums de l'Intranquillité, et ainsi que la peinture qui était dans le garage de l'Hôtel des Arts (rires). J'ai donc  fouiné un peu partout et voici les éléments principaux que j'ai retravaillé. J’ai dû attendre le démontage de l'exposition pour commencer (elle a pris fin le 19/09) mais je ne savais pas sur quoi, avec quels matériaux j'allais travailler jusqu'à ce que je puisse accéder aux salles.On m'a proposé différentes choses, j'ai fait le tour de tous les placards (rires) mais c'est vrai que ce qu'il y avait en grande quantité c'était cette moquette et c'est ce qui m'a décidé de retravailler. Du coup, c'est à partir de la quantité que j'ai commencé à entamer un processus de travail. C'est aussi un travail de réflexion qui entre en jeu car j'aime bien manipuler, je fais des maquettes, des croquis et à partir de là,  je définis une liste d'actions que je peux intenter sur le matériau et du coup, après, je commence à travailler, à transformer la matière et à la détourner de sa fonction première, sachant que cette moquette avait été détourné. C'est donc le détournement d'un détournement. Cette moquette a ainsi plusieurs vies". Vanessa a donc bénéficié de 10 jours de travail, un temps court mais récurrent dans sa pratique artistique et qui agit comme un booster: " Le processus de création est accéléré mais dans un sens ce n'est pas plus mal parce que çà pousse à réfléchir plus vite, à imaginer plus vite".

Quand on l’interroge sur les formes qu’on pris cette moquette (poulpe ou fontaines d’eau ?), elle répond : « J'aime bien ces formes organiques. À la base, je voulais lui faire prendre de la hauteur mais avec le poids de la matière, cela n'a pas fonctionné. Donc j'ai décidé d'investir le sol et le fait de la découper en bandes.  J'aimais bien l'idée de cette extension de la matière et le côté organique qui s'en dégageait, en particulier. Ces formes sont un support pour l’imaginaire. Chacun peut se projeter et en faire sa propre interprétation »

L’artiste seynoise crée sans idée préétabli, préconçue. Elle se laisse aller, se prend à toucher la matière, et au moment de fixer les choses, elle décide des choix. Sa création éphémère disparaîtra avec l’exposition et il n’en restera que les clichés et les maquettes du projet. Mais cette éphémérité appartient à la signature de son œuvre.

Variations, 2016 @ArtInVar

Variations, 2016 @ArtInVar

Vanessa Di Cianni devant ses compositions@ArtInVar

Vanessa Di Cianni devant ses compositions@ArtInVar

Caroline Mary

Caroline Mary, diplômée 2016, travaille la matière.  "Ce qui me pousse à expérimenter les matériaux et les matières sont leurs qualités intrinsèques. Dans "Quothon Sanguis" (visible à la salle n°5 à l'étage), le sang coagule et rigidifie le coton hydrophile par exemple. Ainsi, à force de manipulation, parfois un peu à l'aveugle, je découvre quelles qualités certains matériaux peuvent avoir et ainsi me les approprier, les combiner et les détourner de leur fonction première (et habituelle), pour confronter le spectateur à une nouvelle lecture du-dit matériau. C'est sans-doute la raison pour laquelle "Quothon Sanguis" gêne une partie du public, il parait trop inhabituel de voir du sang traité de cette manière, à portée de main et de nez. Les formes que je propose en tant que pièces finies comportent plusieurs analogies possibles et j'en ai conscience, c'est la raison pour laquelle aucun de mes titres n'impose une "image", pour ne pas formater la vision que le spectateur peut avoir du travail. Si j'avais appelé mes bandes de coton Écorces ou Abattoir, il est évident que ça aurait dirigé la lecture de la pièce de deux façons très différentes. Ce que je veux éviter" précise Caroline.

Quand on l’interroge sur sa série "Terres Plissées", elle répond : « Je suis partie d’une question que Robert Morris se posait par rapport à la sculpture, comme quoi on avait tendance à contraindre le matériau pour qu'il nous donne la forme qu'on désirait, c'est à dire qu'on sculptait, on modelait, on retirait de la matière. Son travail "Wall Hanging Felt Pieces" est mon point de départ et cette oeuvre portait sur la question de comment laisser à la matière, la liberté de se donner forme sans l'y contraindre, et surtout en évitant la figuration. Morris y voit une forme d'empathie envers la matière. D'où ma décision d'utiliser de la céramique pour "Terres Plissées" car elle est meuble avant cuisson et peut prendre une forme seule, puis peut se cuire, devenir ainsi pérenne et fixer la forme. J'ai voulu créer une sculpture mais qui se donne forme elle même, sur laquelle j'avais le moins d'intervention possible à faire parce que si j'avais une intervention à faire, j'allais forcément donner une forme. Or là je voulais qu'elle décide elle même de sa forme donc chaque tas est un pain de terre d'environ 13 kg, coupés en tranches, chaque tranche a été aplati avec un rouleau à pâtisserie et ensuite je me suis donnée une hauteur (chaque tas a une hauteur spécifique)  et je lâchais les tranches depuis cette hauteur, les une après les autres pour qu'elles s'amoncèlent. Quand le tas est terminé, la sculpture est finie." 13 tranches de grès sont ainsi lâchées une part une et viennent s'écraser de tous leurs poids, formant ainsi la sculpture en devenir. Les formes varient à l'infini en fonction de la hauteur et il est impossoible d'avoir une même forme dans cette pluralité de formes de la nature. "J'ai commencé le premier tas en lâchant les tranches à 1 mètre, j'ai augmenté de 40 cm à chaque autre tas pour terminer à 3, 40 mètre au dernier tas. Le premier tas s'est effondré, c'est pour cela qu'il est moins haut que le deuxième. On ne comprend pas sinon car ces tas formes une série et on voit les tas qui décroissent. L'accident fait parti de la forme que la sculpture a souhaité obtenir. Ainsi, ma seule intervention en tant qu'artiste a été de lâcher les tranches de grès".

Les matières utilisées sont de toutes sortes: du coton et du sang, ou de la terre au rez-de-chaussé. "J’ai aussi utilisé de la résine, du polystyrène, il y a beaucoup de choses, par rapport à comment les matériaux réagissent, par rapport à mes manipulations, et comment je vais évoluer par rapport à eux . Car il y a un échange qui se fait jusqu'au moment où je trouve le truc qui m'intéresse vraiment et que là je vais développer en pièce. Je teste encore et encore jusqu'au déclic". Sur sa manière de procéder, Caroline précise qu’elle conserve tous les tests qu’elle effectue et parfois «  je les conserve car c'est une bibliothèque personnelle dans laquelle je pioche et çà me permet de travailler l'esprit. J'ai crée une pièces pour les conserver, que j'ai nommé  "Les Curiosités". Elle comprend donc tous mes échantillons et tests, toutes échelles confondues, et donne à voir une pluralité d'objets plus ou moins "cernables".  L'esprit créatif de Caroline est aussi multiples que les formes et les matériaux de la nature, s'intéressant aussi à la recherche chimique et scientifique et n' hésitant pas à explore tous les domaines.

Caroline Mary et ses sculptures de grès @ArtInVar

Caroline Mary et ses sculptures de grès @ArtInVar

Charlotte Wojciechowski

Détournement de l'objet usuel, tel est le leitmotiv des clichés de la jeune artiste. La photographe entremêle des notions esthétiques et sexuelles et dédouble la signification des images. Par ces contrastes tranchants de rouge et de noir et leurs points de vue frontaux, les photographies transgressent la vision du spectateur.

Vuve alimentaire @ArtInVar

Vulve alimentaire @ArtInVar

Red place@ArtInVar

Red place@ArtInVar

Caroline Vicquenault

Les photographies personnelles de la jeune diplômée forment la base de sa création. Ensuite, les toiles prennent vie par la  peinture, sous formes d'aplats ou de coulures. Un jeu subtil de plusieurs techniques où chaque geste vient effacer le précédent pour mieux l'affranchir.

 

Solveig, 2016 @ArtInVar

Solveig, 2016 @ArtInVar

Sans titre, 2016 @ArtInVar

Sans titre, 2016 @ArtInVar

Benoît Deschamps

Benoit Deschamps, 25 ans, a terminé son cursus scolaire au sein de l’ESADTPM en 2015. Cependant, vous le trouverez toujours en train fréquenter l’atelier de l’école pour produire sa création. « Je travaille la peinture en générale, à partir de supports que je trouve en fonction des opportunités, et le support que j’ai choisi d’utiliser ici est le white cube, tout simplement, l’espace d’exposition » détaille Benoît. « Dans ce but, le white cube est figuré de manière abstraite dans un objet basique et naïf (un petit cube de nuages) et toute l’installation autour de ce cube est un lanceur, une catapulte qui est fonctionnelle et qui permet de le projeter le cube en l’air ». Spectateurs, l’artiste souligne que cette catapulte est armée, prête à être manipulée et l’étape d’après est donc son activation et par conséquence, la projection du cube. «  Mon but est de présenter un instant d’équilibre où il ne reste que deux possibilités après l’action : soit çà casse le plafond, soit çà passe par de l’imagination et on se retrouve avec des nuages projetés dans le ciel. On est sur des petits jeux de proposition au lecteur tout en posant une véritable question par rapport à l’espace d’exposition, le white cube » commente l’artiste. Faire participer le spectateur au travail artistique est une idée très actuelle. « L’équilibre est toujours présent dans mon travail, l’œuvre est prête à passer à un autre stade mais qui n’est terminé que par le lecteur, c’est lui qui détermine ce qui peut se passer ou pas. Il y a une valeur sculpturale de l’objet mais derrière il y a une dimension crédible. Le jeu est de savoir si çà casse ou pas…Une variabilité et un instant que l’on ne maîtrise pas. Je propose aux gens de se placer à l’intérieur de tout cela. » L’œuvre est entièrement démontable et modulable et l’artiste compte la réutiliser sous d’autres formes et "faire des projections pour de vrai car elle marche très bien" plaisante l'artiste.

Benoît Deschamps devant son intallation @ArtInVar

Benoît Deschamps devant son intallation @ArtInVar

Nicolas Boulet

Cette installation est soumise à la contrainte de la quantité de matière. Un premier article reproduisant un objet commun est découpé afin de reconstituer un deuxième article et ainsi de suite jusqu'à la disparition totale de la matière. Des photographies des objets réalisés accompagnent les amoncellements de bois et de vis qui se trouvent dans chaque boîte.

Palimpseste, 2016 @ArtInVar

Palimpseste, 2016 @ArtInVarPalimpseste, 2016 @ArtInVar

Palimpseste, 2016 @ArtInVar

Cyril Dallest

La série de clichés du jeune artiste suit un pipeline de Gardanne à Cassis, transportant de la boue rouge, responsable de la pollution des Calanques. Interrogeant le spectateur sur l'environnement, il le place face à cet objet neutre et inesthétique au milieu de lieux communs. Une mise en évidence voulue pour mieux dénoncer les désastres écologiques. Chaque cliché se regarde seul mais aussi ensemble. Seul, il est intéressant de noter qu'on ne devine pas au premier abord le pipeline (tant que nous n'en avons pas la connaissance) . La composition photographique 2/3 -1/3 fonctionne très bien visuellement

.47 kilomètres jusqu'à la mer, 2016 @ArtInVar

47 kilomètres jusqu’à la mer, 2016 @ArtInVar

Océane Fillion

L'installation met en scène deux vidéos de l'artiste, l'une en train de danser et l'autre en train de sauter à la corde. La lumière stroboscopique qui a été projetée au moment du tournage a contraint la mise au point automatique , d'où les effets flous. Enfin, l'artiste vient agir avec sa lampe torche sur cette double action, comme si elle cherchait son chemin à travers les images.

Strombo, 2016

Strombo, 2016

Mélissa Benachour

L'artiste a réalisé des moulages en plâtre à partir d'emballages alimentaires. Le motif ornemental qui en résulte est transposé sur le papier peint par tamponnage dans de la peinture noire. À chaque répétition du motif, des accidentaux picturaux s'impriment sur le papier, accidents liés au geste manuel et qui n'existent pas dans le processus mécanique industriel. Aucun motif n'est semblable.

Osé-Dosé All Over Dose Motifs #1 et 2 @ArtInVar

Osé-Dosé All Over Dose Motifs #1 et 2 @ArtInVar

Des diplômés honorés

Inutile de préciser que ces treize artistes savourent la chance d'être exposés dans une institution reconnue et qu'eux -même ont arpenté durant leurs années d'études. Cette opportunité et cette visibilité marquent ainsi le début de leur aventure en tant qu'artiste.Continuant à produire des oeuvres fo, ils fourmillent aussi de projets, comme Sarah qui veut faire grandir l'association "Le Laboratoire du Réel", qui abrite la maison d'édition qu'elle a crée pour imprimer les livrets et qui  encourage les jeunes artistes toulonnais, Vanessa qui continuera d'investier des lieux in situ, Caroline qui souhaite participer à des résidences d'artistes ou  comme Benoît qui pourrait faire des happening avec son installation- catapulte.Souhaitons-leur d'heureux parcours en espérant les retrouver prochainement.

À découvrir jusqu'au 13 novembre 2016

Variables Aléatoires

Hôtel des Arts-Centre d'Art du Département du Var

236, Boulevard Maréchal Leclerc

83000 Toulon

Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h

 

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